
En épargne, les idées reçues coûtent cher.
Alors on vous a fignolé un simulateur qui pose les calculs calmement pour vous permettre de prendre la bonne décision.
À partir de votre projet et de vos contraintes, le simulateur de Cayas compare les trajectoires d’un même investissement en assurance-vie ou en compte-titres, jusqu’à la retraite, puis la succession, et identifie celle qui maximise votre avantage :

L’assurance-vie est souvent présentée comme le couteau suisse de l’épargne. Mais pour bien comprendre, il faut séparer deux moments : la vie du contrat et la succession.
Avant de rentrer dans le détail des chiffres, présentons cette enveloppe.
Si vous investissez 1 000 € sur un tel contrat, vous pouvez retirer ces 1 000 € à tout moment sans impôt, tant que vous n'avez généré aucune plus-value. C'est vrai pour l'ensemble des enveloppes en France : assurance-vie (AV), compte-titres ordinaire (CTO), Plan d’épargne en actions (PEA).
Mais si votre investissement a généré des plus-values, alors la fiscalité commence à s'appliquer. Pas de panique, cette fiscalité ne s'applique que sur les plus-values, jamais sur le montant investi.
Par exemple, si votre assurance-vie a généré 10 % de plus value après 1 an et que vous décidez de la liquider, alors vous paierez 31 € de taxes.
C'est ici qu'on entend souvent : « Après 8 ans, l'assurance-vie est défiscalisée ». C'est un raccourci dangereux.
Voyons comment ça marche réellement avec un exemple.
Imaginons un épargnant discipliné. Il commence avec 10 000 € de capital initial puis épargne 100 € chaque mois. Après 30 ans, à 7% par an (et avec un contrat à 0,39 % de frais), son contrat vaut 180 900 €.
Il décide de retirer 2 000 €. Son retrait contient la même proportion de gains que son contrat (environ 74,5%). Il retire donc 510 € de capital et 1 490 € de plus-values.
TOTAL : Pour sortir 2 000 €, il a payé 256 € de taxes.
C'est le deal de l'assurance-vie : l'impôt sur le revenu disparaît, mais les prélèvements sociaux de 17,2 % restent bel et bien là.
Il y ensuite un deuxième argument en faveur de cette enveloppe, souvent cité comme l'argument massue : la succession.
Ce qu’il faut savoir, c’est que la fiscalité change en fonction de votre âge au moment du versement.
Il y a deux règles.
C’est l'astérisque du deal, que beaucoup oublient de regarder.
N'oubliez jamais : pour avoir droit à cet avantage fiscal, vous payez un pourcentage de frais chaque année sur votre capital total.
Ce nombre peut paraître petit, surtout en comparaison de la flat tax, mais ce petit pourcentage s'applique sur la totalité de votre patrimoine, pas uniquement sur la part de plus-value retirée.
Et nous verrons qu'un petit pourcentage d'une somme importante, payé chaque année, coûte très cher.
La différence par rapport à une enveloppe sans frais ? Entre 16 500 € et 39 400 € de richesse évaporée ! Vous avez donné à la banque l'équivalent de 14 à 33 ans de vos efforts d'épargne mensuels juste pour payer l'enveloppe. C'est le prix que vous payez pour une fiscalité dite avantageuse.

Le compte-titres ordinaire, c'est le mal-aimé. Vous vous dites (ou on vous dit) : Attention, Flat Tax de 31,4 % ! Mais regardons la réalité et surtout, sur quel montant cette taxe s'applique.
Dans un CTO, 100 % de votre argent travaille pour vous. Au bout de 30 ans, vous avez 16 500 € de plus qu’avec l'assurance-vie la moins chère du marché. Simplement parce qu'il n'y a pas de frais d'enveloppe.
C'est ici que le CTO sort son atout maître.
Avec un CTO, les plus-values latentes sont « purgées » au moment de la succession, c’est-à-dire effacées. Vos héritiers reçoivent la valeur totale des titres sans devoir payer aucun impôt sur les gains accumulés. Les nouvelles plus-values redémarrent ensuite à partir de ce moment.
En assurance-vie, l'assureur prélève toujours les 17,2 % de prélèvement sociaux au décès. En CTO, c'est zéro.
Pour que la simulation soit réaliste, imaginons que notre épargnant possède déjà sa résidence principale ou un autre bien immobilier, comme c’est souvent le cas pour les épargnants français. Mettons que ce bien ait une valeur de 300 000 €. Cela signifie que l’abattement de 100 000 € en ligne directe à la succession est déjà consommé par son bien immobilier.
Même avec une taxation plus lourde du côté du CTO – car il ne bénéficie d'aucun abattement spécifique au décès – l'héritier reçoit autant qu'avec la meilleure assurance-vie du marché.
Pourquoi ? Parce que l'absence de frais de gestion a créé un capital tellement plus important (16 500 € de plus) qu'il couvre l'intégralité de l'impôt supplémentaire.
C'est souvent ici que les partisans de l'assurance-vie sortent leur dernier joker : l'abattement des 4 600 € lors des retraits pendant la retraite ou la phase de consommation.
Prolongeons notre exemple de 10 ans pour voir ce qu'il se passe réellement quand notre épargnant s'arrête de travailler et décide de se verser 5 000 € net par an.
L'assurance-vie vous fait effectivement économiser 9 700 € de taxes sur vos retraits. Mais voici le prix à payer au bout de 40 ans d'épargne totale (30 ans d'accumulation + 10 ans de retraite) :
C'est ici que le piège se referme. Pour économiser 9 700 € de taxes, vous avez payé 29 000 € de frais cumulés.

Regardez bien ce tableau de distribution de la richesse sur 40 ans (retraite + succession) : l'assurance-vie est un jeu où la seule gagnante est l'industrie financière.
Avec un contrat d’assurance-vie à 1 %, vous avez perdu 35 700 € en frais, et on peut même considérer que l'État a perdu 40 000 € de recettes fiscales parce que votre patrimoine a été tondu chaque année par l’assureur.
Au final, vous et vos héritiers percevez 56 000 € de moins qu'avec un simple CTO.
Faut-il brûler vos contrats d'assurance-vie ? Pas forcément (ou pas tout de suite).
Mais il faut être lucide. Pour l'immense majorité des épargnants français — ceux qui ont un contrat classique dans une grande banque, des frais de gestion supérieurs à 0,7 % et une succession classique en ligne directe — l'assurance-vie est un outil sous-optimal.
Elle ne sert qu'à financer l'industrie financière tout en privant l'État de ressources fiscales, sans aucun bénéfice réel pour vous ni pour vos héritiers. Dans ces cas-là, le CTO gagne par K.O. technique, simplement grâce à l'absence de frais.
L'assurance-vie ne redevient intéressante que dans des situations très spécifiques :
En dehors de ces cas, la réalité est mathématique : le vrai moteur de votre richesse n'est pas la carotte fiscale, c'est l'absence de frais.
Utilisez le simulateur Cayas pour faire les calculs correspondants à votre propre situation, et reprenez le contrôle de votre épargne, pour ne plus payer un avantage qui n'en est pas un :
