Parlons de Manon.
33 ans, passionnée de théâtre, cadre dans une boîte du CAC 40, maman d’un petit loulou de 2 ans, propriétaire de son appart, fraîchement mariée. Et 28 000 € sur son compte courant. (On y reviendra.)
Manon prend des décisions financières stratégiques toute la journée : elle connaît son P&L par cœur et jongle avec des budgets à six chiffres avant son deuxième café. Côté perso, même rigueur : le fichier Excel color-codé de son mariage aurait fait pleurer de joie un contrôleur de gestion : fournisseurs, acomptes, budget prévu et réalisé, et (je vous jure, je n'invente rien) un diagramme de Gantt.
Bref, Manon maîtrise. Sauf une chose.
Quand on s’est rencontrées pour la première fois, je lui ai posé ma question habituelle : qu’est-ce qu’elle attend de mon accompagnement ? comment je peux l’aider concrètement ?
J’ai eu droit à un flux de conscience digne de Virginia Woolf :
« Je pense qu'on va quitter Paris pour aller vivre à Bordeaux. Enfin on y réfléchit, mon conjoint a une opportunité de mutation l’année prochaine, et on aimerait bien avoir un deuxième enfant mais c’est vrai qu’on se voit pas vivre à Paris avec deux enfants, d’un autre côté ça peut prendre du temps, ma meilleure amie a mis presque deux ans avant de tomber enceinte, du coup je suis pas sûre de si on aurait besoin de plus grand tout de suite, mais j’aurais pas envie de déménager enceinte, et je sais pas si ce serait mieux de vivre en centre-ville ou plus loin avec un jardin, parce que ça veut aussi dire plus de temps de trajet mais il y a la question de la crèche, et les prix de l’immobilier sont quand mêmes élevés, donc est-ce qu’il faudrait que je vende mon appart pour récupérer l’apport, mais ça me ferait mal de m’en séparer, en plus j’ai un super taux, mais est-ce que je peux acheter sans vendre… »
Clairement, Manon avait des choses sur le cœur.
Les projets de Manon se bousculent dans sa tête, s’entrechoquent, et parfois se contredisent. Mon rôle, c’est vraiment ça : repérer le fil d’Ariane au milieu de cette joyeuse pelote de projets, puis le dérouler dans le bon sens.
Ensemble, on a construit un plan financier sur mesure qui tient compte de critères financiers (son profil de risque, les rendements espérés, l’optimisation des frais et de la fiscalité)… et aussi de tout le reste : l’extra-financier qui ne tient dans aucune case Excel mais qui décide de tout.
Une bonne stratégie financière, ce n'est pas forcément celle qui maximise le rendement. C'est celle qui permet de construire la vie qu'on a vraiment envie de vivre.
Pour Manon, ce fil-là commençait par l'immobilier. C'est le pivot dont dépend tout le reste. On a donc démarré là. Parce qu’aussi émotionnelle que soit la question, elle se tranche en partie avec des chiffres. Coût réel de la propriété, capacité d'emprunt, cashflow : tout ça se calcule.
On a récapitulé sa situation actuelle en posant les chiffres clés :

Puis on a regardé en face le coût total de la propriété de son appartement parisien. Pas seulement le crédit : le loyer potentiel qu’elle pourrait en tirer (en tenant compte de l’encadrement des loyers), les charges, les taxes, les travaux à prévoir dans les années qui viennent avec une marge de sécurité, les frais d'une gestion déléguée…
Une fois tous les flux annualisés, le verdict est tombé : garder son appart l’obligerait à sortir de sa poche environ 9100€ par an, soit 758€ par mois d’épargne forcée dans ce bien. Rien d'étonnant, d'ailleurs : tous les biens immobiliers ne sont pas forcément de bons investissements locatifs. On le répète, l’investissement immobilier, c’est comme les antibiotiques : ce n’est pas automatique.
On est ensuite passées à la simulation de ses projets. On a ajouté l’achat d’un appartement à Bordeaux à 50/50 avec son époux, avec un apport total de 80 000 €.
Consulter les sites d’annonces est devenu le passe-temps des transports de Manon, et elle voit des choses sympa passer dans une fourchette de prix entre 400 000 € et 440 000 €.


L'outil nous livre tout de suite une info précieuse : oui, acheter à Bordeaux sans vendre l'appartement parisien, c'est faisable.
Mais possible ne veut pas dire confortable. La capacité d'endettement du foyer frôlerait le plafond : peu de marge chaque mois pour encaisser un imprévu, un changement professionnel… ou l'arrivée tant espérée du deuxième enfant.

Sa capacité d’épargne, c’est-à-dire la différence entre ses revenus nets après impôts et ses dépenses totales, tomberait à 3 315 € par an soit 276,25 € par mois. C’est 2 433 € d’épargne en moins que maintenant.
Et il y a tout ce qu'on oublie souvent dans un grand changement comme ça : le coût du déménagement, ou le fait de meubler un logement deux fois plus grand.

Avec les scénarios alternatifs, on a testé différentes variantes :
On a tout passé à la moulinette.
Et là, c’est assez magique : une fois que les chiffres parlent, les décisions deviennent beaucoup plus simples à prendre.
Ça, c’est fait. ✅
On enchaîne bientôt sur ses questions de vie pro : passer freelance ? Lever le pied ? S'arrêter un moment ?
Avec, dans les bagages, les grandes questions qui vont avec :
Et enfin, le plan concret pour ses investissements.
Non, je n'ai pas oublié les 28 000 € qui roupillent sur le compte courant…
Affaire à suivre ;)
Une bonne stratégie financière, ce n’est pas forcément celle qui maximise le rendement. C’est celle qui permet de construire la vie qu’on a vraiment envie de vivre.
Continuons avec le cas de Manon : congé parental, freelance, projet perso… Combien lui coûterait une année auprès de Bébé n°2 ? Une fois les chiffres posés, les décisions deviennent étonnamment plus simples.
Le portefeuille 100 % actions Monde est souvent recommandé au nom de la diversification. Or l’argument qui explique sa performance est exactement celui qui l’empêche d’être le portefeuille optimal. Notre responsable scientifique mène le raisonnement de la diversification jusqu’au bout, chiffres à l’appui.
Une bonne stratégie financière, ce n'est pas forcément celle qui maximise le rendement. C'est celle qui permet de construire la vie qu'on a vraiment envie de vivre. Étudions le cas de Manon : cadre, en couple avec un enfant. Son mari a une opportunité de mutation à Bordeaux dans un an. Ils ont le projet d'avoir un deuxième enfant. Comment tout ça se goupille ? Quelles sont les bonnes décisions ?